La CRIET est-elle trop sévère ? Peut-on combattre la criminalité sans sacrifier les droits humains ?
À l’ouverture de l’année judiciaire 2026-2027, le Procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a choisi de répondre frontalement à ces interrogations. Entre fermeté contre le crime et respect de la dignité humaine, Elonm Mario Metonou défend une justice forte, mais profondément humaine. Écoutez.
Par la rédaction
La justice peut-elle frapper fort sans perdre son humanité ? La question était le principal point au cœur de la rentrée solennelle de la CRIET. Et le Procureur spécial, Elonm Mario Metonou, n’a pas fui le débat. Face aux critiques qui présentent souvent la juridiction comme une machine à condamner et à broyer, il a assumé. Mieux, il a contre-attaqué.
« Nous ne nous déroberons pas », a-t-il lancé d’entrée. Car derrière les polémiques, les chiffres racontent une autre réalité. La CRIET est de plus en plus sollicitée. En un an, le nombre de plaintes et procès-verbaux enregistrés est passé de 3 067 à 3 849 dossiers.
Une hausse substantielle de plus de 25 % qui pour le Procureur spécial, traduit une confiance grandissante des citoyens envers l’institution. Mais pour lui, la mission de la Cour reste inchangée : protéger la République, combattre la corruption, traquer la cybercriminalité et faire barrage au terrorisme.
« La première des libertés, c’est la sécurité »,.
Depuis sa création, a martèlé Elonm Mario Metonou, la CRIET s’est imposée comme un rempart contre l’impunité : des réseaux démantelés, des avoirs criminels saisis, des auteurs de crimes odieux traduits devant la justice. Selon Elonm Mario Metonou, l’État ne peut reculer face aux criminels. Mais il prévient : une justice forte ne signifie pas une justice aveugle. Car derrière chaque procédure, il y a une vie. Derrière chaque dossier, une famille. Derrière chaque décision, un destin.
Le magistrat appelle alors à une justice qui sache écouter autant qu’elle sanctionne. Une justice qui respecte la présomption d’innocence. Une justice qui protège les droits de la défense. Une justice qui refuse de réduire les hommes et les femmes à de simples statistiques. Pour le Procureur spécial, le véritable défi n’est pas de choisir entre la répression et les droits humains. Le véritable défi est de concilier les deux. Trouver l’équilibre.
Refuser le laxisme et combattre l’arbitraire.
Suivre le chemin exigeant de la proportionnalité face aux détourneurs de deniers publics, aux cybercriminels, aux terroristes et face aux prédateurs sexuels. Mais face au crime, la CRIET restera ferme, inflexible a averti le procureur spécial. Mais elle entend rester tout aussi vigilante lorsqu’il s’agit de protéger les libertés fondamentales. Car, rappelle Elonm Mario Metonou, la crédibilité d’une décision judiciaire ne se mesure pas au nombre d’années de prison qu’elle prononce. Elle se mesure à sa vérité, à son équité, à sa légitimité.
Dans un passage particulièrement fort, le magistrat a identifié ce qu’il considère comme le principal danger pour la justice : l’indifférence. L’indifférence à la souffrance des victimes. L’indifférence aux droits du justiciable. L’indifférence aux drames humains cachés derrière les dossiers.
Au Bénin, la CRIET revendique désormais une ligne de crête : être redoutable contre le crime, mais irréprochable dans le respect de l’humain. Une ambition résumée par cette formule forte : « Que notre justice reste ferme, mais qu’elle garde un cœur qui bat. »
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