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Wilfrid Hervé
Deux. Deux femmes meurent chaque jour du cancer du sein au Bénin. Et près de quatre autres apprennent qu’elles en sont atteintes. Les chiffres sont ceux de l’OMS. En 2022, le Bénin a enregistré 1.329 nouveaux cas et 734 décès.
Ces chiffres sans fioritures, positionnent le cancer du sein comme le premier cancer de la femme béninoise.
Mais pourquoi tant de femmes sont -elles touchées? Parce que la maladie est très souvent découverte à un stade avancé.
À Cotonou, 74 % des patientes consultent aux stades III-IV, soit trois malades sur quatre arrivant à l’hopital à un stade avancé de la maladie. Dans partie méridionale du pays, seules 40 % des femmes sont encore en vie cinq ans après un diagnostic positif.
Dans les pays riches, c’est plus de 90 % souligne un rapport de « Research Gate », une revue d’épidémiologie et de santé, intitulé « Profil épidémiologique, moléculaire et pronostic du cancer du sein au sud de la République du Bénin ».
L’ignorance des femmes en est l’une des raisons les plus importantes. 63 % des malades, soit près de deux femmes sur trois ne connaissent pas les signes de la maladie. Le faible niveau de revenu est la seconde cause identifiée.
Le coût des examens n’est pas à la portée de toutes les bourses. Les spécialistes citent un revenu inférieur ou égal au SMIG parmi les causes du retard. A cela s’ajoute la peur du résultat.
Longtemps au Bénin, il a manqué une arme pour une lutte efficace contre le cancer du sein : la radiothérapie. Les patientes étaient évacuées à l’étranger ce qui obérait les coût de la prise en charge. Depuis le 1er avril 2026, le Centre hospitalier international de Calavi (CHIC) a ouvert son service de radiothérapie.
Les autorités avancent d’autres pions. Un plan national 2024-2028. Des protocoles de dépistage finalisés dans ce cadre en juillet dernier. Et plus de 30 milliards de francs CFA investis sur cinq ans, avec la Fondation Claudine Talon et Roche.
Mais il reste l’essentiel qui est d’inciter les femmes à consulter un médecin avant qu’il ne soit trop tard. Un dépistage gratuit organisé pour le sein, comme il en existe pour le col de l’utérus, avec des chiffres publics sur les patientes traitées et le coût de leur prise en charge contribuerait à démythifier ce mal pour sauver de vies.
Ce mois d’octobre est le mois de la sensibilisation pour une meilleure prise en charge du cancer du sein. Un seul réflexe doit guider les jeunes filles et les femmes : une anomalie au sein, on consulte. Sans attendre. Car plus tard, c’est trop tard.
Acacia Média
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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