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BANQUE DE L’AES : HUIT MOIS D’ATTENTE, ZÉRO FINANCEMENT

today17 août 2026 8

Arrière-plan
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Inaugurée en grande pompe le 23 décembre 2025 à Bamako par les juntes malienne, burkinabè et nigérienne, la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) promettait d’incarner l’émancipation financière du Sahel.

Huit mois plus tard, le constat est sans appel : le tiroir-caisse reste désespérément vide. Malgré un capital annoncé de 500 milliards de FCFA, l’institution n’a pas injecté le moindre centime dans l’économie régionale.

Censée financer les chantiers prioritaires tels que les infrastructures, la souveraineté énergétique et l’agriculture, la BCID-AES s’enferme dans un enlisement bureaucratique. Réunion des gouverneurs en juin 2026, élaboration des budgets, organigrammes théoriques et stratégies de levées de fonds : les démarches administratives s’enchaînent, mais les actes concrets attendent toujours.

Ce retard à l’allumage intervient dans un climat macroéconomique asphyxiant pour les trois nations en rupture avec leurs partenaires traditionnels. L’incertitude pèse lourdement sur leurs économies résiduelles.

Pression monétaire et liquidités : La BCEAO maintient une politique monétaire restrictive avec un taux directeur principal hissé à 3,50 %, compliquant le refinancement des États et le coût du crédit.

Besoin urgent d’investissements : Selon la BOAD, les besoins en financement d’infrastructures pour la sous-région dépassent les 2 000 milliards de FCFA par an, un gouffre que les seuls budgets nationaux du Mali, du Burkina et du Niger ne peuvent combler.

Croissance sous tension

Si l’UEMOA table globalement sur une croissance régionale dynamique autour de 6,5 %, l’isolement diplomatique et la hausse de la dette publique restreignent la marge de manœuvre des trois pays du Sahel.

Face aux attentes immenses de populations frappées par l’inflation et les crises sécuritaires, la BCID-AES joue déjà sa crédibilité. À force de multiplier les cérémonies sans libérer les crédits, l’institution phare du bloc sahélien risque de transformer une promesse de souveraineté en une simple illusion institutionnelle.

Acacia Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

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