Bénin

BÉNIN : CHOISIR SON AVENIR SOUS SURVEILLANCE NUMÉRIQUE

today2 août 2026 7

Arrière-plan
share close

La campagne d’orientation des nouveaux bacheliers est une tradition respectée chaque année au Bénin. Des milliers de jeunes, s’apprêtent déjà à choisir leur avenir. Mais un danger silencieux guette : l’intelligence artificielle et l’automatisation.

C’est bien en raison de ce danger qui couve que le choix des filières d’étude et des métiers, choix d’avenir devraient s’entourer de grandes précautions.

D’ici à 2030, l’intelligence artificielle et l’automatisation pourraient bouleverser le marché mondial du travail. Le World Economic Forum de Davos qui se penche souvent sur les grands enjeux mondiaux annonce près de 92 millions d’emplois supprimés, tandis que Goldman Sachs estime que 300 millions de postes pourraient être affectés par l’intelligence artificielle générative.

En contrepartie, environ 170 millions de nouveaux rôles devraient émerger, mais pas pour tout le monde. Revue des corps de métiers les plus menacés par l’IA.
Les métiers routiniers, les premiers visés, sont désormais en sursis.

Les emplois les plus concernés se rapportent au secteur du commerce (caissiers, télévendeurs, centres d’appels), le transport (chauffeurs routiers, livreurs, taxis); l’industrie (ouvriers sur chaîne, contrôleurs qualité), le secteur juridique (assistants juridiques), la programmation basique (développeurs juniors, testeurs logiciels), les services financiers et les voyages (guichetiers, agents de voyage).

L’un des exemples les plus frappants se retrouve chez les data clerks ou agents de saisie de données, agents de paie. Ils ont un risque de disparition évalué à 97 %.

McKinsey confirme que l’IA et l’automatisation vont supprimer ou transformer des millions d’emplois d’ici 2030. Il projete qu’entre 75 et 375 millions de travailleurs dans le monde devront changer de métier, soit 3 à 14 % de la main d’œuvre globale.

Déjà en 2023, Goldman Sachs a publié une étude qui fait grand bruit : deux tiers des emplois aux États Unis et en Europe sont exposés à l’automatisation par l’IA. Et en moyenne, 25 % des tâches pourraient être remplacées par des systèmes intelligents.

Afrique : des métiers en sursis

En Afrique, on annonce que 40 % des tâches dans l’outsourcing pourraient être automatisées d’ici à 2030 : service client (assistance téléphonique, support technique, gestion des réclamations); le back office administratif (saisie de données, comptabilité, gestion de paie avec 44 % des tâches à risque); les IT services (développement logiciel, maintenance informatique, cybersécurité avec environ 40 % de tâches automatisables); le Data services (annotation de données pour l’IA, transcription, traduction); les banques et assurance (traitement de dossiers, gestion de contrats où guichetiers et agents de back office seront aisément remplacés par des solutions numériques).

Environ 1,1 million de personnes travaillent déjà dans ce secteur sur le continent, mais plus de la moitié des tâches des emplois juniors sont menacées, environ 52 % d’emplois automatisables. Selon l’ONU (UNECA), jusqu’à 40 % des tâches dans la tech africaine pourraient changer sous l’effet de l’IA, créant des opportunités mais aussi des risques majeurs pour les emplois peu qualifiés.

Consulter l’IA avant de consulter les patients

Dans le domaine de la santé par exemple, les chiffres sont vertigineux. De l’avis de McKinsey, 30 % des tâches médicales routinières pourraient être automatisées d’ici 2030.

Des hôpitaux pilotes aux États Unis et en Europe utilisent déjà des IA capables de lire des radios, scanner et IRM avec une précision bien supérieure à celle des humains dans plus d’un cas.

En Chine, des systèmes d’IA déployés dans les zones rurales ont permis de réduire le temps de diagnostic de 40 %. Statista renseigne d’ailleurs que le marché mondial de l’IA dans le secteur de la santé pourrait atteindre 188 milliards de dollars en 2030, contre environ 20 milliards en 2026. Les futurs médecins devront donc apprendre à manier l’IA autant que le stéthoscope.

En revanche, des métiers seront les grands gagnants de ces mutations qui s’annoncent douleureuses. Ils sont à chercher dans le secteur de la santé (infirmiers, aides soignants, chirurgiens), l’éducation et l’accompagnement (enseignants, coachs, travailleurs sociaux); les métiers manuels (artisans, couvreurs, peintres) et la transition écologique, leadership et stratégie (managers, décideurs, créateurs de contenu) et l’IA elle-même.

170 millions d’emplois seront créés dans la tech, la cybersécurité et la transition verte. La clé reste la formation en continue et la requalification pour faire la différence.

Les jeunes bacheliers devront alors opter pour des métiers qui resteront essentiels et qui exigent une présence humaine, de la créativité, de l’empathie et la stratégie.

Acacia Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires