Bénin

BÉNIN : TALON SORT, SON EMPREINTE RESTE INDELEBILE

today21 mai 2026 7 1

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Dix ans. C’est le temps qu’il a fallu à Patrice Talon pour tenter de transformer le Bénin. Un homme d’affaires au sommet de l’État. Une première. Une rupture assumée, revendiquée, parfois contestée, mais jamais timide.

Quand il prenait les rênes en 2016, le pays, ankylosé par des grèves interminables, tournait en rond. L’économie stagnait enlisée dans une corruption endémique doublée d’une révoltante impunité. Talon n’a pas fait que promettre, il a tranché dans le vif bien des dossiers jugés délicats. Sans complaisance, sans peur d’avoir parfois la main lourde, sans crainte de déplaire, il réforme. Il restructure la volonté chevillée au corps. Parfois brutalement. Souvent sans consensus. Mais toujours avec une méthode qui interroge plus d’un.

Partout, les chantiers s’ouvrent. Le port de Cotonou se modernise. Les routes défoncées cèdent la place au bitume. L’énergie électrique, longtemps capricieuse, commence à se stabiliser. Cotonou et le pays entier se métamorphosent. Le tourisme culturel décolle avec son programme baptisé le « Bénin révélé », les palais royaux d’Abomey, la route des esclaves, les œuvres d’art rapatriées…. Et le Bénin s’affirme sur la carte du monde.

Mais l’homme n’a pas gouverné pas sans heurts. La scène politique s’est fracturée. L’opposition avec les anciennes méthodes peine à se mettre à jour face à une gouvernance méthodiquement froide et calculée. Elle est mise à l’écart, légalement, disent les partisans du président ; autoritairement, répondent ses adversaires. On le traite de tyran dans certains médias internationaux. Sur le parcours, les élections de 2019 font scandale. La rue a grondé. Des voix se sont tues et des journalistes ont trinqué.

La liberté de la presse a reculé dans les classements de Reporters sans Frontières. Ce Bénin-là, celui des tensions, des incompréhensions, du mécontentement et des silences imposés, fait logiquement partie du bilan.

Alors, bâtisseur ou bulldozer ? La réponse ne peut être tranchée. Elle ne le sera peut-être jamais. Parce que Patrice Talon est l’un de ces dirigeants qui forcent l’histoire à se souvenir logntemps, qu’on l’aime ou qu’on le redoute.

Ce qui est certain, c’est qu’il laisse un pays profondément différent de celui qu’il a trouvé. Les infrastructures sont là. Les réformes sont engagées. Une dynamique est amorcée. Patrice Talon quitte le pouvoir. Mais son empreinte, elle, ne part pas. Elle reste indélébile.

Le Bénin entre dans une nouvelle ère. L’Histoire jugera.

Acacia Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

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