Acacia Radio Priorité à ce qu'on vous dit pas
Ce mercredi 6 mai, une pluie diluvienne d’une rare intensité s’est abattue sur Cotonou dès les premières lueurs de l’aube, transformant la capitale économique en une vaste lagune impraticable.
Entre moteurs noyés, embouteillages monstres et piétons à la dérive, la cité côtière a vécu une matinée de paralysie totale.
C’est aux environs de 5 heures du matin que le ciel s’est déchainé. Grondements de tonnere, puissants éclairs puis des trombes d’eau qui s’abattent sur la ville.
En moins de deux heures, les principales artères de Cotonou, d’ordinaire bouillonnantes de monde, ont pris des allures de fleuves en crue. À Sainte-Rita, Zongo, Akpakpa, Fidjrossè, Fifadji ou encore dans les bas-fonds d’Agla, l’eau a rapidement franchi le seuil des caniveaux, déjà saturés, pour envahir le bitume et se loger dans les habitations.
Les pieds dans la marre
Sur les grands axes de la ville, circuler a relevé de l’héroïsme ou de l’inconscience. Le tronçon Zogbo- Fifadji -Mairie de Cotonou- Étoile Rouge, a été l’un des plus difficles a emprunter.
Les files de véhicules s’étiraient sur des kilomètres. Fidèles à leur réputation de « maîtres de la voie », les zémidjans ont tenté tant bien que mal de se faufiler. Mais pour beaucoup, la course s’arrête net : « l’eau est entrée dans le moteur, la moteur est sûrement abimée « , s’emporte un conducteur, de l’eau jusqu’aux genoux, poussant son engin devenu muet.
Les berlines de luxe ne sont pas mieux loties. On ne compte plus les capots ouverts et les “warnings” clignotants au milieu des flaques géantes, transformant les carrefours en cimetières mécaniques à ciel ouvert.
Malgré les récents travaux du Projet d’Assainissement Pluvial de Cotonou (PAPC), la violence de l’averse de ce matin a mis à rude épreuve les infrastructures.
Si certains quartiers pavés ont vu l’eau s’écouler plus rapidement que par le passé, les zones de déviations actuelles (notamment vers Houéyiho et Gbégamey) sont devenues de véritables lacs.
« C’est la même chanson chaque année, mais aujourd’hui, c’est particulièrement violent. J’ai mis deux heures pour Sainte Rita -Haie-vive un parcours habituel de 15 minutes, et j’ai finalement dû faire demi-tour », confie une jeuen femme dépitée.
Vigilance accrue
Météo Bénin avait prévenu : la grande saison des pluies 2026 s’annonce précoce et intense. Pour ce mercredi, les autorités recommandent la plus grande prudence.
Éviter les zones basses, ne pas forcer le passage dans les eaux stagnantes et, si possible, limiter les déplacements au strict nécessaire. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le ciel reste menaçant.
Cotonou retient son souffle, les pieds dans l’eau, en attendant que le bitume renaisse des eaux.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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