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Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a officiellement pris le portefeuille de la Défense après le décès tragique de son ministre et allié, Sadio Camara, tué lors des attaques coordonnées du 25 avril. Ce cumul de fonctions concentre désormais entre ses mains le commandement suprême des armées et la gestion administrative de la Défense, dans un contexte sécuritaire critique.
Le 25 avril 2026, des offensives coordonnées du JNIM (affilié à Al-Qaïda) et des rebelles touareg du Front de Libération de l’Azawad ont frappé simultanément plusieurs localités, dont Kati, Gao, Kidal, Sévaré et Bamako. Sadio Camara, ministre de la Défense et pilier du régime militaire, a été tué avec une partie de sa famille dans l’explosion d’un véhicule piégé visant sa résidence à Kati.
L’armée malienne, par cette perte majeure, sort relativement fragilisée.
Ce 4 mai 2026, un décret lu sur la télévision publique (ORTM) annonce qu’Assimi Goïta cumule désormais ses fonctions de président de la Transition et de ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Cette réorganisation vise à centraliser le commandement militaire et à rassurer une armée rudement éprouvée. Pour l’épauler, le général Oumar Diarra est nommé ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé de la gestion quotidienne des dossiers.
Les enjeux de cette concentration du pouvoir
Assimi Goïta reprend directement les rênes de l’appareil militaire pour tenter de stabiliser une situation jugée critique. Certains spécialistes des questions militaires considèrent que cette auto-nomination de Goïta à la Défense doit être appréhendée comme une réponse d’urgence à une crise sécuritaire majeure. Elle traduit aussi une volonté de resserrer le contrôle sur l’armée et de limiter les divisions internes.
La disparition de son ministre de la défense, considéré comme l’un des piliers de la junte depuis le coup d’État de 2020, affaiblie l’équilibre interne du régime. Cette décision renforce l’image d’un pouvoir hypercentralisé, mais ne manquerait pas d’accentuer les critiques sur la dérive autoritaire du régime, déjà sous pression de la communauté internationale.
En s’octroyant le portefeuille de la Défense, Assimi Goïta tente de reprendre la main. Mais ce geste révèle aussi la fragilité d’un régime confronté à une menace jihadiste persistante et à une instabilité politique chronique.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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