Acacia Radio Priorité à ce qu'on vous dit pas

Les dernières nouvelles ne sont pas bonnes pour les panafricanistes de salon : la liberté sous caution a été refusée à Kemi Seba. Pour le tribun du panafricanisme 2.0, l’atterrissage est brutal. Les envolées lyriques sur les réseaux sociaux et les poses iconiques devant les foules en délire attendront encore ; place à la réalité crue du système judiciaire sud-africains’.
La justice du pays de Mandela, connue pour sa rigueur procédurale autant que pour son allergie aux agitateurs étrangers, vient d’envoyer un message sans équivoque : la souveraineté ne se négocie pas au mégaphone.
Une stratégie de défense mise en lambeaux.
Les avocats du leader ‘’d’Urgences Panafricanistes’’ espéraient sans doute un traitement de faveur, ou du moins une sortie par le haut sous couvert de « combat politique ». Manqué !
En invoquant des risques de fuite et la gravité des charges, qui flirtent avec l’atteinte à la sécurité de l’État, le magistrat a douché les espoirs de la défense.
Il faut dire que Seba joue un jeu dangereux. À force de naviguer dans les zones grises de la géopolitique mondiale, entre Moscou et les capitales du Sahel, l’activiste a fini par oublier qu’une frontière n’est pas qu’une ligne imaginaire que l’on franchit pour faire le buzz.
Le juge a voulu faire savoir clairement qu’en Afrique du Sud, on ne plaisante pas avec les protocoles d’entrée et les activités d’influence non déclarées.
Ce rejet de caution n’est pas seulement une défaite juridique ; c’est un camouflet symbolique. Celui qui se présente comme le porte-parole d’une jeunesse africaine décomplexée se retrouve piégé par les institutions d’un État africain, et non par la « main invisible de la Françafrique » qu’il aime tant fustiger. L’ironie est savoureuse, mais pour ses partisans, elle a un goût de cendre.
On ne bâtit pas une révolution sur des passeports diplomatiques douteux et des provocations de douane. »
L’activisme face au droit
Il reste désormais une rhétorique de victimisation qui tourne en boucle sur les canaux digitaux habituels. Mais le miroir s’est brisé. En refusant sa remise en liberté, Pretoria traite Kemi Seba pour ce qu’il est aux yeux de la loi : un prévenu comme un autre, dont l’agenda politique ne saurait constituer un totem d’immunité.
La suite du feuilleton s’annonce sombre pour le Béninois déchu de sa nationalité française. Entre les murs de sa cellule, il aura tout le loisir de méditer sur cette vérité universelle : on peut défier l’histoire, on peut défier les empires, mais on finit toujours par se casser les dents sur le Code de procédure pénale.
L’heure n’est plus aux discours, mais aux comptes. Et la note peut s’avérer salée.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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