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Entre la junte nigérienne et l’activiste panafricaniste Kemi Seba, plus rien ne va. La rupture désormais actée prend l’allure d’un bannissement symboliquement violent.
Par un communiqué cinglant signé de Mahamane Roufai Laouali, secrétaire général du gouvernement, Niamey a démonté, en trois points, l’armure diplomatique de l’activiste
Kemi Seba.
D’abord, il est limogé de ses fonctions à la Présidence de la République avec la perte de tous les privilèges. Ensuite, son passeport diplomatique lui est retiré sans préavis. Enfin, il est désormais déclaré persona non grata, donc interdit de séjour sur le territoire nigérien.
Pour justifier cette violente destitution, le pouvoir nigérien ne s’embarrasse pas de diplomatie. Il pointe du doigt des « agissements contraires aux intérêts fondamentaux de la Nation » et des atteintes répétées à l’ordre public. Derrière ce jargon administratif transparaît une réalité plus crue : la confiance est rompue. L’activiste, autrefois fer de lance médiatique du régime, est désormais perçu comme un électron libre trop inflammable, ayant violé le contrat qui le liait au régime militaire de Niamey.
L’ombre d’un putsch manqué au Bénin.
Actuellement interpellé en Afrique du Sud, Kemi Seba est sous la menace pressante d’une extradition vers Cotonou. Les autorités béninoises le soupçonnent d’être l’une des têtes pensantes de la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre dernier.
Si son implication dans ce dossier explosif se confirme, le lâchage de Niamey prend tout son sens : le Niger, en pleine recomposition sécuritaire, semble vouloir se défaire d’un allié devenu un boulet judiciaire international.
Pour Kemi Seba, le rêve d’une base arrière nigérienne vient de s’effondrer. L’heure des comptes semble avoir sonné.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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