Acacia Radio Priorité à ce qu'on vous dit pas

Le 27 mars 2026, au lancement de la campagne pour l’élection présidentielle, l’UPR et le BR ont sorti l’artillerie lourde.
Marée humaine, décibels au top, tee-shirts et casquettes hyper colorés, démonstration de puissance, tonnerre d’applaudissements ; le décor d’une victoire sans appel est planté.
Mais ne nous y trompons pas : le bruit ne fait pas l’élection. Derrière l’euphorie des podiums, Romuald Wadagni a lancé un avertissement lucide : la victoire ne se décrète pas, elle s’arrache.
Dans un Bénin où le silence des abstentionnistes pèse parfois plus lourd que les cris et les gesticulations ostentatoires des partisans, le candidat a bien compris et changé de logiciel. Ne pas voter, c’est déjà voter contre.
Fini le temps où la campagne consistait à saturer l’espace visuel d’affichettes sans impact réel.
La consigne est désormais claire : le porte-à-porte. L’objectif est de quitter la lumière des projecteurs et le bruit des haut-parleurs tonitruants pour l’intimité des foyers où se forge l’adhésion réelle. Le challenge est de convaincre l’individu qui vote, et non pas la foule qui applaudit. La mesure sera désormais le score réel par commune et non la mobilisation des foules en liesse.
Si l’adversaire est identifié, le danger, lui, semble interne. Sous le vernis de l’unité, une bataille parallèle et sourde fait rage : les intrigues du positionnement.
Ministres anciens et en fonction, anciens élus, préfets et directeurs, hauts fonctionnaires… tout ce beau monde ne joue pas seulement pour le candidat. Chacun voit midi à sa porte. À l’instar du bon larron, adressant une prière à Jésus sur la croix, chacun adresse intérieurement sa prière au candidat : “Seigneur, quand tu seras dans ton paradis, souviens-toi de moi !”.
Chacun joue sa propre survie politique. Entre rivalités feutrées et impératif de « retour sur investissement », la cohésion au sein de la mouvance sera mise à rude épreuve.
Mais le candidat n’est pas dupe, il sait que sa machine ne sera performante qu’à trois conditions : que les moyens irriguent réellement la base, que le porte-à-porte devienne une réalité tangible et non un slogan, et que l’ego des cadres s’efface devant la discipline qu’impose le terrain.
Les partis de la mouvance et les nombreux mouvements qui ont poussé ces derniers jours sont-ils prêts pour cette révolution de proximité ? Réponse dans les urnes le 12 avril.
Acacias Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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