Bénin

Résultats des législatives de 2026 – LES DEMOCRATES : UN PARTI A LA CROISEE DES CHEMINS

today21 janvier 2026 5

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Le verdict des urnes de ce mois de janvier 2026 est sans équivoque.

Les Démocrates (LD) qui jusque là se sont présentés comme le parti exclusif du peuple, sortent défaits des législatives.
Entre crises internes, déloyauté, duplicité, désorientation de la base électorale et fautes tactiques, l’analyse des chiffres annoncés renvoie à une débacle électorale historique.
Si l’on s’en tient aux faits, le premier constat qui se dégage de ces chiffres, renvoie au “score national du parti : 16,14% soit 450.405 voix ». Les Démocrates passent alors en dessous de la barre décisive des 20%. Le parti fondé par l’ancien Président Thomas Boni Yayi, a été smaché dans 13 circonscriptions électorales. Pour ce parti politique qui se réclame de l’opposition radicale à Patrice Talon, cette contre-performance peut bien se lire comme un naufrage électoral.

Le plus étonnant réside dans les résultats peu significatifs qu’il a enregistrés dans plusieurs circonscriptions électorales censées être des fiefs naturels acquis à sa cause. Les chiffres venus de par exemple des 1ère, 2ème et 3ème Circonscriptions Electorales ont plus que de quoi étonner. La conséquence logique est que ce parti sera absent de l’Assemblée nationale et pour sept ans. Comment en sont-ils arrivés là?

L’absence du parti à la table où se partagent les voix est due à la stricte application de la Loi N°2019-43 du 15 Novembre 2019 portant Code électoral au Bénin. En son article 146, il est exigé que toute liste obtienne au moins 20 % des suffrages valablement exprimés dans chacune des 24 circonscriptions pour prétendre au partage des sièges.

Mais plus que cette exigence, les démocrates ont également manqué le seuil alternatif, cette fenêtre d’aération et de prise en charge des suffrages des électeurs qu’offre la loi. Bien qu’ayant dépassé le seuil national de 10 % nécessaire à toute coalition, le parti n’a pas pu se maintenir dans la répartition des sièges, n’ayant réussi aucune alliance préalable au scrutin.
La conséquence en est que « Les Démocrates » passent d’une représentation significative de 28 sièges en 2023 à une absence totale de représentation en 2026.

L’une des principales leçons de ce qui présente toutes les apparences d’une catastrophe électorale réside dans la confusion volontairement entretenue par le parti entre présence numérique et véritable assise électorale. N’est-ce pas que cette visibilité virtuelle du parti sur les réseaux sociaux à travers certaines têtes de pont a pu nourrir l’illusion d’une puissance électorale garantissant un succès dans les urnes? Or, on sait tous, les réseaux sociaux, les commentaires enflammés des internautes n’ont jamais été un indicateur de performance électorale. Les réseaux sociaux ne sauraient se substituer à l’ancrage territorial, à l’animation des structures du parti, ni à l’engagement militant.

Pourtant, “Les Démocrates”, se targuant de cette popularité virtuelle manifestement surfaite, se sont engagés dans une aventure électorale solitaire, là où le législateur a offert des possibilités et des facilités profitables aux partis en lice.

Le parti s’est visiblement tiré une balle dans le pied en empruntant le couloir de la constante victimisation, en se soustrayant à toute coalition parlementaire, en s’isolant pour ne compter finalement que sur le vote émotionnel ou le vote sanction. Alors, les électeurs ont semblé vouloir signifier que l’offre électorale, les propositions alternatives de “Les Démocrates” étaient soit peu convaincantes, soit en déphasage avec leurs réelles attentes.

On ne peut occulter dans cette analyse la crise née des fortes tensions internes qui ont agité le parti en 2025. Des militants reprochent au président du parti d’imposer des candidats sur des bases purement clientélistes. Ces choix contestés qui à les en croire, n’ont aucune accointance avec le mérite sont effectués au détriment d’acteurs plus engagés et mieux implantés. C’était déjà le cas en 2016, alors que Boni Yayi était encore aux affaires. Ce fut encore le cas en 2021 et 2025. Ces remous ont entamé la cohésion au sein du parti et érodé la confiance que la base voue aux instances décisionnelles des LD. Ces dysfonctionnements internes ont progressivement éloigné de nombreux militants dont certains se sont retirés de toute activité politique. D’autres, notamment des leaders de leur circonscriptions ont rejoint des formations concurrentes, certains autres encore se sont abstenus le jour du vote.

Cette démobilisation graduelle et silencieuse, est à interroger dans les causes de l’inaptitude de LD à transformer son discours et ses positions tranchés en suffrages valablement exprimés.
Conséquence logique : les deux partis de la mouvance présidentielle, l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicains s’en tirent à bon compte : Ils s’adjugent sans coup férir de l’intégralité des 109 sièges de la chambre des députés.

Tout compte fait, la débâcle électorale du parti « Les Démocrates » ne peut être uniquement imputée au Code électoral. Elle est sans doute aussi, le résultat de choix internes inappropriés, d’une surévaluation de ses capacités à mobiliser les militants, d’un incroyable excès de confiance qui tablait uniquement sur le vote émotionnel et d’une faible connection entre les instances dirigeantes du parti et les aspirations réelles de la base militante.

On peut l’affirmer, par cette débâcle électorale « Les Démocrates » se retrouvent à la croisée des chemins avec un avenir en pointillés.

Acacias Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

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