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Les autorités de transition maliennes ont ordonné la suspension de la circulation, de la distribution et de la vente de l’hebdomadaire Jeune Afrique sur l’ensemble du territoire national, à la suite de la publication d’un article critique sur la gestion de la récente crise du carburant. La décision a été annoncée dans un communiqué du ministère de l’Administration territoriale, rendu public vendredi 16 janvier.
Le gouvernement accuse le journal d’« apologie du terrorisme », de « diffamation » et d’« incitation à la haine », estimant que certains contenus portent atteinte à la stabilité du pays. Les autorités affirment que cette mesure vise à « préserver l’ordre public », dans un contexte politique dominé par les militaires depuis les coups d’État successifs de 2020 et 2021.
Selon le communiqué officiel, Jeune Afrique aurait diffusé des « informations mensongères » et des « accusations subversives » relatives aux perturbations de l’approvisionnement en carburant, ainsi que des « allégations d’exactions » imputées aux forces engagées dans la lutte contre l’insécurité, y compris celles des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Cette décision s’inscrit dans un climat tendu entre les autorités de transition et une partie de la presse nationale et internationale, marqué par un durcissement du contrôle de l’information et plusieurs restrictions imposées aux médias jugés critiques.
Depuis plus d’une décennie, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire alimentée par les actions de groupes armés djihadistes, dont le JNIM, affilié à Al-Qaida, et l’organisation État islamique, ainsi que par des violences communautaires. À l’automne 2025, un blocus attribué au JNIM avait provoqué une pénurie de carburant pendant plusieurs semaines, aggravant les difficultés économiques et sociales du pays et ravivant les tensions autour de la gestion gouvernementale de la crise.
Écrit par: acacia
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