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Les Ivoiriens ont voté dans le calme ce samedi 25 octobre pour élire leur président, lors d’un scrutin privé des leaders d’opposition et boudé par une partie de la population, qui devrait déboucher sur la réélection d’Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011.
Ils étaient près de 9 millions d’électeurs à avoir été appelés à voter. Les électeurs ivoiriens présents dans les bureaux de vote devaient départager cinq candidats ce samedi 25 octobre.
Mais le scrutin n’a pas suscité d’engouement : si les électeurs du nord, région pro-Ouattara se sont globalement mobilisés, la participation est restée faible au sud et à l’ouest, plus acquis à l’opposition.
À Abidjan, la capitale économique, où les rues étaient désertes comme un jour férié, de nombreux bureaux de vote visités par l’AFP n’ont pas vu plus de 25% de votants.
« Je n’ai pas voté, mon candidat est exclu. Alassane Ouattara est déjà élu », déplore Olivier étudiant de 26 ans, dans le quartier populaire de Blockhaus, critiquant « la violence et la restriction de la liberté d’expression » par les autorités.
« C’est la première fois que je vote et je suis content de pouvoir exprimer mon choix. C’est l’avenir de la jeunesse qui se joue aussi », estime quant à lui Ben Koné, jeune électeur de Bouaké (centre), deuxième ville du pays et porte d’entrée du nord ivoirien.
Là-bas, la mobilisation a été importante, selon un journaliste de l’AFP. Il a constaté qu’une heure avant la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (GMT et locales) des centaines de personnes faisaient encore la queue.
Selon plusieurs analystes, l’absence de candidat d’opposition de premier plan et donc d’enjeu réel au scrutin, expliquent ce désintérêt.
Car, les deux principaux rivaux d’Alassane Ouattara, l’ex-président Laurent Gbagbo et le banquier international Tidjane Thiam étaient hors course, samedi.
Leur candidature a été retoquée par le Conseil constitutionnel, en raison de leur radiation de la liste électorale, le premier pour une condamnation pénale, le second pour des problèmes de nationalité.
Leurs partis ont tenté de mobiliser leur électorat courant octobre en appelant à manifester, Laurent Gbagbo évoquant mercredi un « coup d’Etat civil » et un « braquage électoral ».
Mais ces appels ont été réprimés par les autorités qui ont interdit les manifestations pour « protéger le pays du désordre » et en arrêtant des centaines de personnes.
Plusieurs dizaines de personnes ont été condamnées à trois ans de prison ferme pour avoir participé à des marches interdites. Un tour de vis critiqué par plusieurs organisations de défense des droits humains.
L’élection présidentielle est toujours synonyme de tensions dans l’esprit de nombreux Ivoiriens, après les scrutins de 2010 (3.000 morts) et 2020 (85 morts).
Écrit par: acacia
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