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L’atmosphère était tendue ce lundi à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). À 78 ans, l’avocat Magloire Yansunu, comparait pour abus de confiance et blanchiment de capitaux. Le parquet spécial a requis à son encontre 24 mois de prison, dont 3 mois fermes.
Le premier substitut du procureur spécial n’a pas mâché ses mots. Selon lui, Me Yansunu a encaissé des fonds issus de procédures judiciaires sans en informer ses clients. Les plaignants affirment n’avoir jamais su que leurs indemnités avaient déjà été recouvrées.
Au-delà du pénal, le parquet dénonce une méthode jugée contraire aux règles du barreau car l’argent récupéré aurait transité par le compte personnel de l’avocat. Au regard de ces faits qu’il juge inacceptable, le ministère public réclame 3 millions FCFA de dommages-intérêts pour une victime, tout en rappelant qu’un montant de 6 millions FCFA a déjà été remboursé à la partie principale.
La défense contre-attaque
Face à ces accusations jugées graves par le parquet, Me Elvis Didè et ses confrères ont plaidé la relaxe pure et simple. L’avocat, vêtu d’un gilet de détenu et autorisé à rester assis en raison de son âge, a toujours clamé son innocence depuis le début de la procédure.
Deux plaintes étaient à l’origine de cette affaire. L’une se rapporte à un litige de licenciement. Le client qui s’estime floué par l’avocat réclame 500 000 FCFA sur un total de 1,894 million d’indemnités, dénonçant une retenue abusive de 20 %. La défense estime au contraire qu’il s’agit d’honoraires légitimes perçus par Me Yansunu.
Un autre plaigant, un exploitant agricole accuse l’avocat d’avoir reçu plus de 18 millions FCFA d’une société sans l’avertir, et réclame près de 10 millions de Francs CFA supplémentaires.
Après avoir écouté les parties, la cour a renvoyé le dossier au 15 juin 2026 pour le prononcé du jugement.
Ce procès illustre les tensions entre pratiques professionnelles contestées et exigences de transparence dans le monde judiciaire béninois. À 78 ans, Me Yansunu joue sa réputation et sa liberté dans une affaire qui met en lumière les fragilités du système et la vigilance accrue de la CRIET face aux dérives financières.
Ariane AGBAKLI
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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