Bénin

SUPPLICE PAR LE FEU À EKPÈ : LE RÉCIT GLAÇANT DE LA VICTIME

today25 avril 2026 14

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L’horreur a désormais un visage et une voix. Quelques heures après la diffusion d’une vidéo de torture qui a indigné le Bénin, la victime, séquestrée et brûlée à Ekpè, témoigne depuis son lit d’hôpital. Entre traumatisme profond et prise en charge d’urgence, récit d’une cruauté sans nom.

« Ils m’ont traitée comme un animal »

Le regard est vide, le corps meurtri. Face à une délégation de l’Institut National de la Femme (INF) dépêchée à l’hôpital de zone de Suru-Léré ce vendredi 24 avril, cette trentenaire tente de mettre des mots sur l’indicible. Son récit décrit une scène de lynchage méthodique :

« Un homme a suggéré de ne pas me laisser partir. Ils m’ont ligotée à un poteau, pieds et poings liés, avant d’allumer un brasier sous moi », confie-t-elle d’une voix étranglée.
L’ignominie ne s’est pas arrêtée aux flammes. Mise à nue à coups de couteau, la victime a subi des sévices sexuels d’une barbarie rare, ses bourreaux allant jusqu’à utiliser du piment pour la torturer. « On ne ligote pas un humain avec une telle corde », lâche-t-elle, hantée par la douleur des liens.

Un diagnostic alarmant : des séquelles physiques et psychiques

Le corps médical ne cache pas son inquiétude. Le Dr Cyrille Kpangon, chirurgien, décrit des mains tuméfiées, incapables du moindre mouvement, et des stigmates profonds aux chevilles et aux poignets. Si les plaies cutanées sont en voie de cicatrisation, les cicatrices invisibles inquiètent davantage. Pour le Dr Patrick Tokpanou, directeur de l’établissement, l’urgence est désormais mentale : « Elle passe du coq à l’âne, son discours est décousu. Elle est en plein choc post-traumatique. »

Un encadrement psychiatrique spécialisé a été déployé pour l’aider à « retrouver ses sens ».

État de droit contre barbarie : zéro impunité.

Sur le front institutionnel, la riposte est ferme. Flore Djinou, Secrétaire Exécutive de l’INF, a martelé la volonté de l’État de ne rien laisser passer : « En 2026, il est inadmissible de traiter une femme comme un gigot de mouton que l’on braise. »

De son intervention, on retient que la victime est sous protection permanente de la Police Républicaine. En vertu d’une convention avec l’INF, l’intégralité de la prise en charge est assurée. Plusieurs suspects ont été interpellés dès le 23 avril. Le dossier est désormais entre les mains du procureur.

Le soulagement d’une famille

Malgré l’effroi, les proches de la victime saluent la réactivité inédite des autorités. « C’est du jamais vu », confie Prudence, une parente, remerciant le Chef de l’État pour les réformes protégeant la dignité humaine.

Alors que l’enquête se poursuit pour identifier l’ensemble des tortionnaires, l’INF rappelle un numéro d’urgence vital : le 114. Un appel gratuit pour que, plus jamais, le feu de la barbarie ne s’allume impunément.

Acacia Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

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