Acacia Radio Priorité à ce qu'on vous dit pas
On l’appelait le roi du buzz. Mais le buzz n’est nullement un bouclier contre la responsabilité. Steeve Woto, le web activiste au verbe haut, tiktokeur bruyant à l’injure facile vient de l’apprendre à ses dépens. Il est aux mains des autorités policières depuis quelques heures.
Dans l’arène impitoyable de TikTok, la monnaie locale n’est pas le CFA, mais bien le ‘’Like’’. On ne compte plus les influenceurs qui pensent que le nombre d’abonnés est inversement proportionnel au respect des lois.
Pour en récolter et accumuler la validation de leur ‘’followers’’, certains sont prêts à tout : danser sur un volcan, manger du piment électrique, avaler des scorpions rouges, faire un câlin à un félin, ou, dans le cas de Steve Woto, franchir la ligne rouge de la diffamation, de l’injure et de l’outrage. Au point où on en vient de demander parfois s’ils sont en possession de tous les moyens.
Le problème avec l’écosystème numérique, c’est qu’on finit par croire que les écrans sont des boucliers en acier inoxydable.
Malheureusement, la réalité virtuelle est souvent rattrapée par les dispositions du Code Pénal.
Car, la loi est claire, la liberté de chacun s’arrête là où se pointe le nez de son prochain, et surtout là où commence l’honneur des institutions.
Le plus ironique dans l’histoire reside dans le comportement du public. Ceux-là mêmes qui envoyaient des « j’aime enflammés » pendant des lives incendiaires sont les premiers à se désolidariser au moyen d’un emoji rieur.
C’est que sur les réseaux sociaux, on vous adore lorsque vous brûlez, mais personne ne vous prête un extincteur.
Steve Woto est manifestement en mode « avion », pour un bon bout de temps. Le silence radio de sa cellule pourra peut être lui permettre de méditer sur la différence à faire entre liberté d’expression et fête foraine de l’insulte.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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