Acacia Radio Priorité à ce qu'on vous dit pas
Stellio Capo Chichi, alias Kemi Seba, l’activiste et idéologue panafricaniste à la rhétorique enflammée a été cueilli à Pretoria par la police sud-africaine. Il se rêvait en « Che Guevara africain », et clamait vouloir libérer le continent des chaînes impérialistes, mais depuis le 15 avril dernier, il décompte les heures dans une garde à vue au goût de fer.
Jamais en retard d’une excentricité, ce béninois porteur d’un passeport diplomatique nigérien, a été arrêté dans une sombre affaire de facilitation d’entrée illégale. Selon les autorités locales, le leader d’Urgences Panafricanistes tentait, avec son fils, en compagnie d’un passeur, de rejoindre le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Le tarif de l’opération se chiffre à la bagatelle de 13 000 euros soit plus de 8.500 000 FCFA.
Le gourou du panafricanisme qui se voulait intouchable, cherchait en réalité à rejoindre clandestinement l’Europe, “la terre « de l’oppresseur » dont pourtant, la nationalité lui a été retirée en 2024. L’ironie est mordante.
Mais derrière cette infraction migratoire, presque banale, se dissimule un dossier autrement plus épais. Cotonou n’a pas oublié son turbulent ressortissant. Le conseiller spécial des juntes du Sahel est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice béninoise, qui l’accuse d’avoir soutenu une tentative de coup d’État en décembre 2025.
L’extinction du panafricanisme YouTube ?
Pour le Bénin, cette arrestation est une aubaine. Patrice Talon ne pouvait espérer meilleure nouvelle en fin de mandat. Une procédure d’extradition est déjà en cours. Si elle aboutit, Stellio Capo Chichi, pendant longtemps, ne risque pas d’haranguer les foules sur YouTube. Il sera contraint de répondre d’accusations d’apologie de crimes contre la sûreté de l’État et d’incitation à la rébellion.
Placé en détention provisoire, cette figure controversée du souverainisme africain joue gros. Il attend une audience cruciale fixée jusqu’au 20 avril, qui devra statuer sur son éventuelle extradition, possiblement vers le Bénin. Toutefois, Kémi Séba aurait exprimé sa préférence pour être transféré vers le Niger, un choix qui pourrait compliquer les procédures en cours. Pendant ce temps, une délégation béninoise se mobilise pour suivre de près le dossier. Soit, il transforme l’affaire en récit de persécution pour alimenter son narratif anticolonialiste et gaver sa base numérique de 1,5 million d’abonnés ; soit il est livré à la justice béninoise qui lui, n’a aucune intention de lui servir du thé.
Dans cette rocambolesque affaire, des milliers d’euros ont été versés à des passeurs véreux pour jouer les passagers clandestins et enfreindre la loi sud-africaine. Une initiative qui ternit l’image du “militant proche du peuple” et dévoile les contradictions d’une “flèche vertueuse du panafricanisme digital”.
Le « banni » de la France est désormais l’indésirable du continent. Et cette fois, il n’y a plus de passeport à brûler pour faire diversion.
Acacia Médias
Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU
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