Bénin

CAMEROUN : BIYA S’OFFRE UN VICE-PRÉSIDENT ET VERROUILLE SA SUCCESSION

today6 avril 2026 11 1

Arrière-plan
share close

À 93 ans, à l’heure où les mains tremblantes, le commun des mortels lutte avec ses lunettes, Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo, le « Sphinx » increvable d’Etoudi, vient de s’offrir un nouveau joujou constitutionnel : un Vice-Président nommé sur catalogue.

Adoptée par un Parlement plus discipliné qu’une classe de maternelle (205 voix pour, 16 étourdis), cette réforme permet à l’indéboulonnable locataire du palais de l’amitié de choisir son successeur comme on choisit son costume pour une soirée de gala : sans demander l’avis du voisin.

L’excuse officielle, « garantir la continuité de l’État », ne fait pas sourire, surtout dans les rangs de l’opposition. Beaucoup estiment que, la manœuvre vise à verrouiller la porte, fermer les hermétiquement les volets et conserver les clés du palais dans la famille ou dans le premier cercle. Pour l’opposition, c’est la douche froide. Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le principal parti d’opposition hurle au « coup d’État constitutionnel ».

Calixthe Beyala, jamais en retard d’un coup de gueule, fustige des députés qui « tripatouillent » la Constitution comme une pâte à beignets de rue. Même chez les dinosaures de ce régime de gérontes, certains commencent à trouver que derrière cette « précipitation » se dissimule une anguille.
Pendant que les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale sont remplacés par de « jeunes adolescents politique de 60 ans, le nom de Franck Biya circule avec l’insistance d’une notification WhatsApp à 2h du matin.

Le génie de la manœuvre du vieux Bulu réside dans le texte de loi qu’il a fait voter. Il est aussi flou qu’une photo prise sous la pluie : aucune obligation, aucun calendrier. Le patriarche peut nommer son « Vice » demain, dans dix ans, ou simplement laisser ses lieutenants s’étriper dans les couloirs du palais pendant qu’il ne s’occupe plus déjà de son huitième mandat.
Sur ses 93 ans, il en a passé 43 à la tête du pays. Le président apparaît plus que fatigué. Une situation qui préoccupe de nombreux Camerounais. Ils se demandent si c’est toujours Paul Biya qui dirige le Cameroun. La réponse en est donnée.

Dans tous les cas, le Cameroun vient d’inventer la démocratie héréditaire à suspense. Le menu est fixe, le chef est en cuisine depuis 1982, et le public médusé est prié de regarder le spectacle depuis le trottoir, sans faire trop de bruit.

Acacia Médias

Écrit par: Prince Ludérick KOTANNOU

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires