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RDC : à Uvira, le flou sécuritaire persiste après l’annonce du retrait du M23

today18 janvier 2026 5

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Dans une déclaration publique, le mouvement AFC/M23 affirme se décharger de toute responsabilité sécuritaire dans la région d’Uvira et appelle au déploiement d’une force neutre afin d’assurer la protection des populations civiles et des infrastructures stratégiques.

Sur place, cette annonce est accueillie avec beaucoup de prudence, mêlée à une profonde inquiétude.

Mukuninwa Assumani Ruffin, habitant d’Uvira, confie : « Nous avons entendu qu’ils allaient partir, mais nous ne savons pas s’ils sont réellement partis ou s’ils vont vraiment partir. Ce n’est pas la première fois qu’ils font une telle annonce, c’est déjà la deuxième fois. »

Même préoccupation pour Muzingwa Ramazani, un autre résident : « Ce qui nous inquiète ici à Uvira, c’est notre sécurité. Comment allons-nous vivre après le départ du M23 ? »

Sur le terrain, la situation demeure en effet très tendue. Des affrontements entre les combattants Wazalendo et les éléments du M23 sont toujours signalés dans les environs de la ville, en dépit des déclarations de retrait. Selon plusieurs sources locales, le groupe armé a même pris, depuis jeudi, le contrôle de la localité stratégique de Lemera, dans le territoire d’Uvira, malgré les appels répétés au cessez-le-feu.

Ghislain Baraiga Kabamba, acteur de la société civile, observe : « Les combats continuent, surtout dans le sud d’Uvira, à Makobola et dans d’autres localités. Cela nous inquiète beaucoup. Mais s’ils se retirent réellement, ce sera une bonne chose pour la population. »

Dans une lettre adressée le jeudi 15 janvier 2026 au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le M23 met en garde contre la persistance de menaces sécuritaires dans la zone. Son coordonnateur politique, Corneille Nangaa, pointe notamment des groupes non signataires des accords de paix, citant l’armée burundaise, les FDLR et les milices Wazalendo alliées aux FARDC. Plusieurs analystes estiment que la communauté internationale devrait adopter une position plus ferme afin de garantir le respect effectif des engagements pris.

Pour Hubert Masomeko, analyste indépendant et chercheur au CREDDA, « la médiation américaine, qui a obtenu le retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, n’a pas suffisamment pris en compte la phase de transition. Ni la vérification effective du retrait, ni les enjeux sécuritaires immédiats de la ville n’ont été véritablement intégrés au processus ».

À ce stade, ni le gouvernement congolais ni la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) ne se sont officiellement prononcés sur les dernières déclarations de l’AFC/M23. Un silence qui entretient le doute et l’angoisse des populations civiles, toujours dans l’attente de garanties concrètes pour leur sécurité et pour l’avenir du processus de paix.

Écrit par: acacia

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