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Le président sortant ougandais, Yoweri Museveni, qui dirige le pays depuis près de quarante ans, arrive en tête des résultats provisoires de l’élection présidentielle organisée jeudi, selon les chiffres communiqués par la Commission électorale nationale. Son président, Simon Byabakama, a indiqué que le chef de l’État avait recueilli 5 148 845 voix, soit 75,38 % des suffrages valides exprimés.
Son principal rival, Robert Kyagulanyi Ssentamu, alias Bobi Wine, obtient 20,71 % des voix, tandis que les suffrages restants se répartissent entre six autres candidats en lice.
Du côté de l’opposition, ces chiffres sont vivement contestés. « La manière dont les résultats sont présentés soulève plus de questions que de réponses », a déclaré Benjamin Katana, représentant du parti National Unity Platform, qui exige la publication détaillée des résultats par district afin de pouvoir les confronter aux procès-verbaux locaux. Pour lui, l’absence de ces données alimente les soupçons d’irrégularités et de manque de transparence.
La Commission électorale rappelle qu’un candidat doit dépasser la barre des 50 % pour être élu dès le premier tour et assure que le scrutin s’est déroulé dans un « climat globalement pacifique », malgré quelques incidents isolés. Les autorités ont appelé la population au calme dans l’attente des résultats définitifs, attendus samedi.
Environ 21,7 millions d’électeurs étaient inscrits pour cette consultation, qui concernait également l’élection de 353 députés. La journée de vote a toutefois été marquée par plusieurs difficultés techniques, notamment des défaillances des kits biométriques, ainsi que par un contexte sécuritaire tendu, renforcé par des coupures d’Internet et un important déploiement des forces de l’ordre.
Bobi Wine a pour sa part affirmé que plusieurs de ses agents électoraux avaient été enlevés dans des zones rurales avant l’ouverture des bureaux de vote, ce qui, selon lui, a entravé la surveillance du scrutin. L’ancien chanteur, figure de la contestation politique, espérait mettre un terme à quatre décennies de pouvoir de Museveni, dans un pays où l’armée, dirigée par le fils du président, Muhoozi Kainerugaba, joue un rôle central dans le dispositif sécuritaire.
À Kampala, des groupes de militants ont manifesté leur mécontentement vendredi en érigeant des barricades et en allumant des feux de fortune, alors que l’attente des résultats définitifs se poursuit. Âgé de 81 ans, Yoweri Museveni est l’un des chefs d’État africains les plus anciens au pouvoir et ambitionne de prolonger son mandat pour une cinquième décennie, dans un pays qui n’a encore jamais connu d’alternance présidentielle pacifique depuis son indépendance en 1962.
Écrit par: acacia
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