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Conakry : la décharge de Dar Es Salam, un fléau sanitaire ignoré depuis des années

today8 décembre 2025 9

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À Conakry, l’immense décharge de Dar Es Salam continue de dominer la vie quotidienne des habitants de la banlieue nord. Depuis des années, une montagne d’ordures y dégage en permanence une fumée toxique, transformant le quartier en zone à hauts risques sanitaires. Les riverains dénoncent une situation devenue insoutenable.

Parmi eux, Daouda Sylla vit à quelques mètres du site. Souffrant de douleurs thoraciques récurrentes, il attribue son état à l’air saturé de particules provenant de la décharge. « Je vis dans des conditions très pénibles. Assis ou debout, j’ai l’impression qu’un feu brûle dans mes poumons. Quand je marche quelques mètres, je manque d’air. Les nuits sont un calvaire : je tousse jusqu’au matin », raconte-t-il. « Les médecins pensent que je fume, mais je ne fume pas. Je ne bois pas non plus », ajoute-t-il, désemparé.

Mamadama Bangoura partage le même constat. Son fils Djibril, malade depuis ses six mois, voit son état se dégrader au moindre contact avec l’air extérieur. « Dès qu’il respire cette fumée, il étouffe et fait une crise qui peut durer deux jours. On doit parfois lui administrer de l’oxygène. Il ne sort presque plus », explique-t-elle.

Selon Nyan Balamoun Gobou Tokpa, pneumologue dans une clinique locale, les risques sont bien réels. Il alerte sur des pathologies graves : pneumonies, maladies pulmonaires obstructives chroniques et, à long terme, cancers bronchopulmonaires. « La décharge tue lentement les populations riveraines », prévient-il.

Face au silence des autorités, les habitants se sont regroupés au sein du Collectif citoyen pour un environnement sain à Dar Es Salam. Ils demandent l’intervention urgente de l’État et appellent le président de la transition, le général Mamady Doumbouya, à agir pour mettre fin à ce drame environnemental et sanitaire.

Écrit par: acacia

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