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Afrique du Sud : deux ex-policiers condamnés pour un meurtre commis sous l’apartheid

today3 décembre 2025 4

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Deux anciens policiers de l’ère de l’apartheid ont été reconnus coupables, mardi, du meurtre de Caiphus Nyoka, activiste et dirigeant étudiant tué en 1987. Son assassinat, survenu à son domicile près de Johannesburg en pleine domination de la minorité blanche, figure parmi les nombreuses violations attribuées à la police de l’époque, restées longtemps sans suites judiciaires.

Les accusés, Abraham Engelbrecht et Pieter Stander, tous deux sexagénaires selon les procureurs, ont été déclarés coupables par un juge de la Haute Cour de Gauteng. Leur peine sera prononcée ultérieurement. Un troisième ancien policier a, lui, été acquitté.

Cette affaire a ressurgi après les aveux publics en 2019 d’un autre ex-agent, Johan Marais, membre de l’unité spéciale Reaction Unit. Ayant admis sa participation au meurtre, il a plaidé coupable et été condamné à 15 ans de prison en juillet.

Selon un rapport d’autopsie de 1988 et des documents judiciaires, Caiphus Nyoka a été criblé d’au moins 12 balles lors de l’assaut mené à l’aube par la Reaction Unit et la Special Branch. Le pathologiste conclut qu’il avait probablement été touché à la tête, au cou et à l’épaule alors qu’il était assis dans son lit, puis atteint de plusieurs projectiles supplémentaires après être retombé en arrière.

À l’époque, la police avait été blanchie, soutenant avoir agi en état de légitime défense — une justification fréquemment utilisée pour couvrir des assassinats politiques durant l’apartheid.

L’affaire Nyoka avait été réexaminée en 1997 par la Commission vérité et réconciliation (TRC), chargée de révéler les abus du régime ségrégationniste et d’offrir une voie vers l’amnistie pour ceux qui confesseraient leurs crimes. Personne ne s’était alors présenté pour reconnaître ce meurtre. La TRC avait recensé des milliers de cas d’assassinats, de tortures et d’enlèvements, mais peu d’entre eux ont conduit à des poursuites, alimentant la frustration des victimes et de leurs familles.

Face aux pressions publiques, les autorités sud-africaines ont décidé en 2024 de rouvrir plusieurs dossiers liés aux crimes de l’apartheid. Une enquête récente a établi que Albert Luthuli, leader du Congrès national africain (ANC), avait été battu à mort en 1967, contredisant la version officielle de l’époque qui évoquait un accident ferroviaire. Les autorités ont également annoncé une nouvelle enquête sur la mort en détention, en 1977, de Steve Biko, figure emblématique du mouvement anti-apartheid.

Par ailleurs, une autre investigation cherchera à déterminer si des gouvernements démocratiques post-apartheid ont volontairement entravé certaines poursuites, comme l’affirment plusieurs familles de victimes.

Écrit par: acacia

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